Les corps des 19 martyrs fusillés sont donc retrouvés éparpillés dans une clairière au bord de la Départementale 81, conduisant de la route de Loudéac à Plouec à environ 250 mètres après le passage à niveau, à droite en abordant la descente sur la commune de L'Hermitage Lorge, dans la forêt de la Perche.
La sœur et le père de Roger Madigou sont présents lors du rapatriement des corps, ils reconnaissent Roger grâce à la ceinture, au pantalon de golf et aux cheveux que porte Roger.
La récupération des corps est rendue difficile du fait du refus de la préfecture d'autoriser le transfert des corps vers les communes d'origine.
Une opération "commando" est mise en place le 22 août 1944 avec hommes, camion, voiture (traction avant) et armement, pour récupérer les 8 corps.
Les corps sont enlevés sans autorisation.
Pour Roger Madigou dans un cercueil en zinc fermé hermétiquement par plombage (soudé par Paul Le Guesclou ferblantier à Louargat), ce cercueil a coûté très cher.
Pour les 7 suppliciés de Plouaret dans les caisses d'origine.
Ce travail est très pénible à cause des odeurs dégagées par les corps.
Puis les corps sont transférés dans les communes respectives.
Le convoi est constitué :
D'une traction avant Citroën, qui est réquisitionnée, où ont pris place Geneviève Madigou sœur de Roger, Jean Marie Madigou père de Roger, Louis Lalès, Armand Tilly qui conduit le véhicule.
D'un camion Renault récupéré aux allemands dans lequel sont transportés les 8 cercueils et à bord duquel se trouvent Jean Le Moal et Albert Jacob de Plouaret, Fernand Lahellec de Lanvellec, le véhicule est conduit par Yves Le Meur.
La population de Plouaret est rassemblée au bourg attendant l'arrivée des véhicules, mais compte tenu de l'heure tardive, l'ordre est donné que chacun rentre chez soit.
Le camion tombe plusieurs fois en panne lors du voyage, il arrive tard dans la nuit.
Sont aussi du convoi Yves Trédan et François Lafontaine du Vieux Marché.
Une chapelle ardente est dressée dans la salle des fêtes de Plouaret. La population peut ainsi rendre un dernier hommage aux 7 martyrs, dont les cercueils couverts de drapeaux tricolores sont exposés en attendant les obsèques et apporter son soutien aux familles endeuillées.
Le 24 août 1944, une foule considérable rend un dernier hommage aux 7 martyrs de Plouaret, c'est le Capitaine Yves Trédan le responsable de la compagnie la Marseillaise qui lit l'allocution funèbre.
Les noms des sept martyrs de Plouaret figurent sur le monument qui leur est consacré à l'entrée du cimetière de Plouaret, au dos duquel l'Abbé Kenven, alors recteur de Plouaret, a fait graver en breton cette épitaphe :
Ken toc'h mervel evit terc'hel o deus lavared paotred Plouaret.
Plutôt mourir que céder ont dit les gars de Plouaret.